Un système de mise en page tel que LATEX repose sur une logique de séparation entre l’apparence d’un document et sa structure. La personne habituée à utiliser un traitement de texte devra fort probablement se défaire d’une vilaine habitude : se préoccuper sans cesse, au moment de la rédaction, de la disposition du texte.
Nous allons dans ce chapitre expliquer comment aborder la rédaction d’un document avec LATEX ainsi que la syntaxe de base des différents types d’instructions que l’on peut insérer dans un texte pour en spécifier la structure et la mise en forme.
Lors de la rédaction avec un système de mise en page tel que LATEX, on se concentre sur le contenu et la structure du document, et non pas sur son apparence.
L’apparence du texte sera prise en charge par LATEX. Comme les gabarits sont l’œuvre de spécialistes en typographie, il est généralement préférable de ne pas les modifier. À titre d’exemple, LATEX détermine automatiquement la largeur des marges en fonction de la taille de la police de manière à ce que les lignes de texte comptent approximativement 70 caractères. La raison : lorsqu’une ligne de texte est trop longue, notre œil a de la difficulté à la suivre sur toute sa longueur. Il a tendance à passer à la ligne inférieure, ce qui rend la lecture plus difficile
Une fois le principe de séparation du contenu et de l’apparence compris et accepté, on veillera, lors de la saisie du texte, à respecter les règles simples suivantes:
On sépare les mots par une ou plusieurs espaces. Qu’il y en ait une ou un millier, seule la première compte et la mise en page sera la même.
On sépare les paragraphes par une ou plusieurs lignes blanches. Celles-ci n’apparaitront pas nécessairement dans le texte final ; les gabarits standards identifient les paragraphes par un retrait de première ligne.
On utilise des commandes pour indiquer la structure du texte dans le texte. Celles-ci débutent presque toujours par le symbole \. À la différence des logiciels de traitement de texte, les instructions de mise en forme du document sont donc toujours visibles et, par conséquent, modifiables facilement et sans surprise (on ne se demande donc jamais où termine le gras).
Un fichier source LATEX — dont on trouvera un exemple simple à la figure
ci-contre — est toujours composé de deux parties.
Préambule
Suite de commandes spécifiant la mise en forme globale du document (format du papier, marges, entête et pied de page, etc.). Il contient au minimum la commande \documentclass. Les commandes contenues dans le préambule ont un effet global sur le document. Dans l’exemple de la figure ci-contre, le préambule s’étend de la ligne 1 à la ligne 5.
Corps du document Contenu du document en tant que tel. Il débute par \begin{document} et se termine par \end{document}. Le corps du document peut aussi contenir des commandes, mais l’effet de celles-ci demeure presque toujours local. Les lignes 7–14 du code de la figure 2.1 forment le corps du document.
La première commande du préambule est normalement la déclaration de la classe du document. La forme de la déclaration est la suivante :
\documentclass[⟨options⟩]{⟨classe⟩}
Les classes standards de LATEX sont article, report, book, letter et slides.
Les paquetages permettent de modifier des commandes ou d’ajouter des fonctionnalités à LATEX. On charge les paquetages dans le préambule avec des commandes de la forme :
\usepackage{⟨paquetage⟩}
\usepackage[⟨options⟩]{⟨paquetage⟩}
\usepackage{⟨paquetage1,paquetage2, …⟩}
La première et la troisième forme permettent de charger un ou plusieurs paquetages sans options. La seconde permet de spécifier des ⟨options⟩ au chargement du paquetage. Il n’est évidemment pas possible de préciser des options avec la troisième forme puisque LATEX ne saurait à quel paquetage celles-ci se rapportent.
Certains paquetages permettent que leurs options apparaissent parmi les ⟨options⟩ de la commande \documentclass. Elles sont ainsi plus « visibles » pour d’autres paquetages. Par exemple, l’option french que l’on retrouve dans la déclaration de la classe à la figure 2.1 est en fait une option du paquetage babel.
Nous avons déjà fait référence à quelques reprises au concept de commande LATEX. Cette section se penche sur leur syntaxe.Les formes générales des commandes LATEX sont :
\⟨nomcommande⟩[⟨arg_optionnel⟩]{⟨arg_obligatoire⟩}
\⟨nomcommande⟩*[⟨arg_optionnel⟩]{⟨arg_obligatoire⟩}
Ici, ⟨nomcommande⟩ est le nom de la commande. Il débute par le symbole \ et est exclusivement formé de lettres, habituellement des minuscules (LATEX est sensible à la casse). La forme étoilée d’une commande réalise généralement une action légèrement différente de la version sans étoile. Par exemple, \section crée une nouvelle section numérotée, alors que \section* n’insère aucune numérotation.
Lorsque la commande prend des arguments, les arguments obligatoires sont placés entre accolades { } et les arguments optionnels sont placés entre crochets [ ].
Certaines commandes n’ont aucun argument. Leur forme est alors:
\⟨commande⟩
Dans ce cas, le nom de la commande se termine par tout symbole qui n’est pas une lettre — y compris l’espace ! Cette règle fait en sorte qu’une espace après le nom d’une commande est considérée comme un marqueur de la fin du nom de la commande. Cette règle joue parfois de vilains tours en « avalant » l’espace entre une commande et le mot qui suit; La portée d’une commande est limitée à la zone entre accolades { }, le cas échéant.